La gestion des impressions influence les interactions quotidiennes, des entretiens de recrutement aux réseaux sociaux, en passant par les relations professionnelles. Les travaux présentés par Kseniya Navazhylava pour FNEGE Médias montrent que ce mécanisme dépasse largement la simple communication : il participe à la manière dont les individus et les organisations construisent leur crédibilité.
Cet article s’appuie sur la tribune de Kseniya Navazhylava publiée par FNEGE Médias.
Une notion centrale des interactions sociales
La gestion des impressions désigne le processus par lequel une personne cherche, consciemment ou non, à influencer la perception que les autres ont d’elle. Le concept a été développé dès 1959 par le sociologue Erving Goffman dans La présentation de soi dans la vie quotidienne. L’idée reste particulièrement actuelle dans un contexte où les interactions professionnelles passent autant par les échanges en face à face que par les plateformes numériques.
Chaque situation sociale implique une forme de mise en scène. Un entretien d’embauche, une prise de parole en réunion ou un profil LinkedIn mobilisent des choix de langage, d’attitude ou de présentation qui contribuent à façonner une image auprès d’autrui.
À mesure que les enjeux professionnels augmentent, cette attention portée à l’image prend davantage d’importance. Un recruteur, un client ou un partenaire construit rapidement une perception à partir de multiples indices, parfois avant même qu’une compétence puisse être démontrée.
Les entretiens de recrutement révèlent plusieurs stratégies
Les recherches citées dans la tribune se sont intéressées aux comportements adoptés par des étudiants lors d’entretiens d’embauche filmés. Les chercheurs ont identifié différentes tactiques de gestion des impressions reposant notamment sur les récits personnels.
Certains candidats cherchent à montrer qu’ils partagent les valeurs de leur interlocuteur. D’autres mettent en avant leur capacité à surmonter des difficultés ou apportent des explications destinées à justifier certaines expériences de leur parcours.
Parmi ces différentes stratégies, l’autopromotion apparaît comme la plus déterminante. Elle consiste à mettre en avant, de manière mesurée, des qualités recherchées par les recruteurs : sens des responsabilités, leadership, capacité à travailler en équipe ou implication dans les projets.
Les résultats montrent que les candidats utilisant davantage ces stratégies étaient globalement évalués plus favorablement par les recruteurs. Des mécanismes comparables interviennent également lors des évaluations de performance en entreprise.
Les entreprises gèrent aussi leur image
Les organisations mettent elles aussi en œuvre des actions destinées à influencer la perception de leurs différentes parties prenantes. Cette démarche prend la forme de la marque employeur, de la communication institutionnelle ou encore des engagements affichés en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Les recherches montrent que les entreprises reconnues pour leurs pratiques environnementales ou sociétales bénéficient souvent d’une image plus positive. Cette réputation peut renforcer leur attractivité auprès des candidats, des clients ou des investisseurs et contribuer à leurs performances économiques.
La réputation devient ainsi un actif stratégique. Elle influence les décisions de recrutement, les choix de consommation ou encore les relations commerciales.
La cohérence entre discours et actions reste déterminante
La gestion des impressions produit des effets lorsqu’elle s’appuie sur des éléments concrets. À l’inverse, une communication qui ne reflète pas la réalité peut rapidement être perçue comme opportuniste.
Dans le cas des entreprises, un décalage entre les engagements affichés et les pratiques réelles fragilise la confiance des différentes parties prenantes. Les individus sont confrontés au même phénomène : une image travaillée perd en crédibilité lorsqu’elle n’est pas cohérente avec les comportements observés.
La gestion des impressions ne consiste donc pas uniquement à maîtriser sa communication. Elle repose sur la capacité à faire correspondre les messages diffusés avec des actions tangibles.
Comprendre les mécanismes de perception dans les organisations
Les travaux présentés par Kseniya Navazhylava rappellent que la perception constitue une dimension importante du management, du recrutement, du marketing ou de la communication organisationnelle. Comprendre ces mécanismes permet d’analyser les interactions professionnelles avec davantage de recul et d’adopter une communication plus cohérente.
Cette approche rejoint plusieurs enseignements développés au sein du Programme Grande École de l’EMLV, où les sciences de gestion, le comportement organisationnel, les ressources humaines et le marketing sont abordés à travers les transformations du travail et des organisations. La recherche occupe une place centrale dans cette pédagogie, permettant de relier les concepts académiques aux situations rencontrées en entreprise.

















