Rédiger son CV en français est déjà une étape assez stressante. Mais en anglais, il faut savoir s’armer de patience. Si l’objectif reste le même, la perception du CV n’est pas toujours la même en France que dans les pays anglo-saxons.
Comment rédiger un CV en anglais qui soit clair, professionnel et adapté aux recruteurs internationaux ? Comment valoriser son parcours, ses expériences et ses compétences sans tomber dans la traduction mot à mot ? Le CV en anglais répond à des codes précis, mais il doit aussi tenir compte d’une réalité plus récente : les candidatures sont de plus en plus souvent triées par des plateformes, des ATS et des outils d’aide au recrutement fondés sur l’intelligence artificielle.
Un bon CV doit donc être lisible par un recruteur, mais aussi compréhensible par les logiciels utilisés pour analyser les candidatures. Structure, mots-clés, intitulés de poste, compétences, résultats chiffrés et cohérence avec l’offre jouent désormais un rôle central.
Soigner la structure et la place des informations
Avant même de lire le contenu du CV, la mise en forme est minutieusement analysée. S’il est tout à fait possible d’opter pour un CV original, il est vivement déconseillé de s’éloigner des règles élémentaires du CV, dont la mise en place de certaines informations à des endroits précis.
Le recruteur s’attend à trouver l’identité et les coordonnées du candidat en haut du document. Tout doit être très intuitif, de façon à limiter les efforts de lecture. Un CV en anglais doit rester clair, hiérarchisé et facilement parcourable.
La petite différence entre le CV en français et le CV en anglais ? La photo est généralement déconseillée dans les pays anglo-saxons, notamment pour éviter tout risque de discrimination.
Les rubriques les plus fréquentes sont : Contact, Professional Summary, Work Experience, Education, Skills, Languages, Certifications et Additional Information. La rubrique “Professional Summary” remplace souvent l’accroche française. Elle permet de présenter en quelques lignes le profil, le niveau d’expérience, le domaine d’expertise et le type de poste recherché.
Un CV en anglais gagne à être sobre. Les colonnes multiples, icônes, jauges de compétences, pictogrammes et éléments graphiques peuvent gêner la lecture par les plateformes de recrutement. Une structure simple, avec des titres de rubriques explicites, reste souvent plus efficace.
Mettre en valeur ses diplômes
En anglais comme en français, mettre en valeur ses diplômes est crucial. Cela attire l’attention du recruteur, notamment s’il recherche des profils diplômés d’une école ou disposant d’une spécialisation particulière.
Par exemple, la mention d’un diplôme grade de master dans le cadre d’un Programme Grande École visé bac+5 et accrédité au niveau international peut renforcer la lisibilité du parcours auprès de recruteurs français ou étrangers.
La difficulté consiste à traduire correctement les diplômes français. Les acronymes comme BTS, BUT ou PGE parlent peu à un recruteur international. Il faut donc éviter la traduction littérale et privilégier une formulation explicative.
Quelques exemples utiles :
- Programme Grande École : Master in Management programme ;
- Diplôme visé bac+5, grade de master : State-recognised degree, Master’s grade ;
- Bachelor : Bachelor’s degree ;
- BUT : three-year university technology degree ;
- BTS : two-year higher technical diploma ;
- Alternance : work-study programme ou apprenticeship contract selon le contexte.
Les formations internationales comme les MSc, MBA ou BBA sont plus faciles à présenter, car leurs intitulés sont déjà compréhensibles dans un environnement anglophone. À l’EMLV, les programmes comme le MSc International Business, le MSc Digital Business Analytics, le MSc Finance & Investment ou le MSc Marketing & Digital Communication peuvent être intégrés directement dans un CV en anglais.
Parler de son expérience personnelle et professionnelle
Stages, emplois saisonniers, alternance, projets associatifs, missions freelance : l’expérience professionnelle doit être correctement décrite dans un CV en anglais. Généralement, on commence par le poste le plus récent pour terminer par le plus ancien.
La différence par rapport au CV français ? Dans les pays anglo-saxons, l’expérience et les compétences sont souvent placées avant la formation, surtout lorsque le candidat dispose déjà de stages, d’une alternance ou d’expériences significatives.
Le candidat doit veiller à détailler chacune de ses missions et à éviter les intitulés trop vagues. Une ligne comme “Marketing intern” ou “Sales assistant” ne suffit pas. Il est préférable de préciser les actions menées, les outils utilisés, les résultats obtenus et l’environnement de travail.
Par exemple :
- Managed weekly social media reporting using Google Analytics and Meta Business Suite ;
- Supported lead generation campaigns for B2B prospects ;
- Prepared financial dashboards for monthly business reviews ;
- Coordinated customer satisfaction surveys and analysed feedback ;
- Updated CRM data and contributed to sales pipeline monitoring.
Les verbes d’action sont importants : managed, analysed, coordinated, developed, implemented, supported, monitored, improved, prepared, negotiated, reported, optimised. Ils donnent une lecture plus professionnelle et facilitent la compréhension du rôle réel du candidat.
L’expérience personnelle compte aussi. Un engagement associatif, un projet entrepreneurial, une responsabilité dans un club étudiant ou une mission bénévole peuvent être valorisés, à condition d’expliquer les actions menées et les compétences développées. L’engagement associatif étudiant peut par exemple montrer des compétences en gestion de projet, communication, budget, événementiel ou travail d’équipe.
Passer les filtres des plateformes de recrutement et des IA
Le recrutement a changé. Avant d’arriver sur le bureau d’un recruteur, un CV peut être analysé par un ATS, pour Applicant Tracking System, ou par une plateforme de candidature qui trie, classe et compare les profils. Ces outils repèrent des mots-clés, des intitulés de poste, des compétences, des diplômes, des expériences et des correspondances avec l’offre.
Un CV en anglais doit donc être pensé pour une double lecture : humaine et machine. Un document très graphique peut sembler attractif, mais être mal interprété par un logiciel. À l’inverse, un CV clair, structuré et riche en mots-clés pertinents a plus de chances d’être correctement analysé.
Pour augmenter la compatibilité avec les ATS, plusieurs points sont importants :
- utiliser des titres de rubriques simples : Work Experience, Education, Skills, Certifications ;
- reprendre les mots-clés présents dans l’offre, lorsque le profil les maîtrise réellement ;
- indiquer les outils utilisés : Excel, Power BI, Salesforce, HubSpot, Google Analytics, Python, SQL, SAP, Tableau ;
- éviter les tableaux complexes, colonnes multiples, images, logos et pictogrammes ;
- préférer un format PDF propre ou un fichier Word si la plateforme le demande ;
- utiliser des intitulés de poste compréhensibles à l’international ;
- mettre en avant des résultats mesurables lorsque c’est possible.
Les filtres automatisés ne remplacent pas le jugement humain, mais ils peuvent influencer la visibilité d’une candidature. Un étudiant qui candidate à un poste de Data Analyst, Business Developer, Marketing Assistant ou Financial Analyst doit donc intégrer les compétences réellement attendues pour ce poste dans son CV.
Par exemple, pour un poste en marketing digital, les mots-clés pertinents peuvent être : SEO, SEA, CRM, Google Analytics, Meta Ads, content marketing, email marketing, lead generation, conversion rate, campaign reporting. Pour un poste en finance : financial analysis, budgeting, forecasting, reporting, Excel, valuation, cash flow, accounting, controlling. Pour un poste en business development : prospecting, CRM, lead qualification, sales pipeline, negotiation, customer relationship, B2B sales.
L’enjeu n’est pas de surcharger le CV avec une liste artificielle de mots-clés. Il s’agit de faire correspondre le vocabulaire du CV avec celui du métier visé. Chaque compétence mentionnée doit pouvoir être justifiée en entretien.
Souligner ses compétences techniques et comportementales
Cette partie du CV en anglais est essentielle, car elle différencie les candidats. Elle doit être organisée clairement et refléter le poste visé.
Il est possible de répartir ses compétences en plusieurs sous-parties :
- Technical skills ;
- Digital skills ;
- Analytical skills ;
- Communication skills ;
- Project management skills ;
- Language skills.
Les compétences techniques doivent être précises. “Computer skills” est trop vague. Il vaut mieux indiquer les outils, méthodes ou environnements maîtrisés : Microsoft Excel, Power BI, Google Analytics, Salesforce, HubSpot, SAP, SQL, Python, Canva, Figma, Google Ads, Meta Business Suite, Notion, Trello, Jira.
Les compétences comportementales doivent être reliées à des situations concrètes. Teamwork, leadership, adaptability ou problem-solving sont utiles, mais ils ont plus de valeur lorsqu’ils sont confirmés par une expérience : projet de groupe, alternance, mission associative, gestion d’événement, présentation orale, travail multiculturel ou situation client.
Dans un CV en anglais, les compétences doivent aussi correspondre au vocabulaire du secteur. Un profil en marketing, finance, RH, supply chain, data ou international business n’utilisera pas exactement les mêmes mots-clés.
Valoriser son niveau en langues
Il est commun de trouver, au sein des CV, des indications de type “lu, écrit, parlé” lorsqu’il s’agit d’aborder son niveau en langues. Pour un CV en anglais, il est plus pertinent d’utiliser des expressions compréhensibles à l’international.
Pour le CV en anglais, il est préférable d’utiliser des mentions comme “Native speaker”, “Fluent”, “Professional working proficiency”, “Intermediate”, “Level B2” ou “Level C1”.
Les résultats obtenus au TOEIC ou au TOEFL peuvent être mentionnés, surtout lorsqu’ils sont récents et cohérents avec le niveau annoncé. Un score élevé rassure un recruteur sur la capacité du candidat à travailler dans un environnement international.
Il faut rester fidèle à son niveau. Un CV en anglais peut conduire à un entretien en anglais, à un échange avec un manager étranger ou à une mise en situation professionnelle. Un niveau surestimé peut rapidement fragiliser la candidature.
Se confier sur ses hobbies
Terminer son CV en anglais avec une rubrique “Additional Information” ou “Interests” permet d’en dire plus sur ses passions, ses centres d’intérêt ou ses engagements. Cette rubrique doit toutefois rester utile et cohérente avec le profil.
Parler de son amour pour les tartes aux fraises si l’on postule à un poste de Data Analyst, ce n’est pas le plus pertinent.
Les hobbies peuvent apporter une information intéressante s’ils révèlent une compétence, une discipline, une ouverture culturelle ou un engagement. Sport en compétition, bénévolat, création de contenu, podcast, photographie, voyage, entrepreneuriat, association étudiante ou participation à des hackathons peuvent enrichir le profil.
Dans un contexte international, cette rubrique peut aussi aider à créer un point d’échange lors de l’entretien. Elle doit rester courte, précise et professionnelle.
Adapter son CV en anglais à chaque candidature
Un CV efficace n’est pas un document figé. Il doit être adapté à chaque candidature, surtout lorsque l’offre passe par une plateforme de recrutement. Le titre, l’accroche, les compétences et certaines expériences doivent refléter le poste visé.
Un candidat qui postule à un stage en marketing digital ne mettra pas en avant les mêmes éléments qu’un candidat à une alternance en finance, un poste en business development ou une mission en data analysis. L’ordre des expériences, les mots-clés, les outils et les résultats peuvent être ajustés sans déformer le parcours.
Cette adaptation ne signifie pas réécrire entièrement le CV à chaque fois. Il s’agit plutôt de faire ressortir les expériences les plus pertinentes et d’utiliser le vocabulaire de l’offre. Les plateformes et les recruteurs repèrent plus facilement une candidature cohérente lorsqu’elle reprend les compétences clés du poste.
L’anglais est devenu une langue indispensable pour envisager une carrière en France ou à l’étranger. La rédaction d’un CV en anglais reste donc un exercice utile pour les étudiants en école de commerce, les candidats à un MSc, les profils en alternance ou les diplômés qui visent une carrière internationale.
Une bonne relecture reste essentielle, de préférence par une personne ayant une excellente maîtrise de l’anglais professionnel. Orthographe, cohérence des temps, vocabulaire métier, intitulés de poste et clarté des formulations doivent être vérifiés avant l’envoi.

















