Les concours pour intégrer une école de commerce sont toujours un moment un peu stressant pour les candidats. C’est particulièrement le cas pour l’épreuve orale, où il faut convaincre un jury d’être la bonne personne pour faire partie de l’école.
L’entretien individuel est souvent l’une des étapes les plus importantes des concours d’admission en école de commerce. Il ne s’agit pas seulement de réciter son dossier ou de répéter son CV : le jury cherche à comprendre la personnalité du candidat, sa motivation, son projet d’orientation, sa capacité à argumenter et sa cohérence avec le programme visé.
Ici, le savoir-être, aussi appelé soft skills, joue un rôle très important pour bien communiquer et faire passer les bons messages. Si le jury est bienveillant, curieux et compréhensif, il a toutefois suffisamment d’expérience pour identifier un candidat qui ne serait pas à sa place. Pour éviter les pièges, voici les 7 erreurs à ne pas commettre le jour de votre entretien.
Lire ses notes
Avoir des notes est important. La plupart des grands orateurs en ont pour structurer leurs pensées. Or, il faut bien distinguer les notes succinctes qui viennent appuyer un discours, des notes intégralement rédigées lues, la tête baissée par le candidat tremblant.
Vous pouvez vous appuyer sur des notes lors d’un entretien si cela vous rassure, mais elles ne doivent surtout pas être un texte à réciter par cœur. Le jury s’intéresse à vous, à votre parcours, à vos expériences et à votre personnalité. Ce sont des sujets que vous êtes censés maîtriser sans problème.
Lors d’une épreuve orale de concours, le regard, le rythme et la capacité à interagir avec le jury comptent autant que le contenu. Lire ses notes donne souvent l’impression d’un discours appris, peu naturel, parfois déconnecté de l’échange. Une fiche avec quelques mots-clés suffit : expériences marquantes, points forts, projet professionnel, raisons du choix de l’école et exemples concrets.
Jouer les victimes
« Je me suis couché tard », « Je suis nerveux », « C’est mon premier entretien »… ce sont autant d’excuses qui parsèment les épreuves orales de temps à autre et qu’il faut éviter. Jouer les victimes ne vous aidera à rien. Le jury voit bien si vous êtes nerveux ou pas à l’aise. Ne revenez pas dessus et focalisez-vous sur les messages positifs à faire passer.
Un entretien de motivation en école de commerce permet aussi d’évaluer la capacité d’un candidat à gérer une situation nouvelle. Le stress est normal, mais il doit être maîtrisé. Un candidat peut reconnaître une hésitation, prendre quelques secondes pour réfléchir, reformuler une question et reprendre son raisonnement. Cela sera toujours plus efficace que d’installer l’échange dans l’excuse.
Le jury n’attend pas un candidat parfait. Il attend un candidat capable de rester constructif, de montrer son envie d’intégrer l’école et d’expliquer clairement ce qu’il vient chercher dans la formation.
Jouer un rôle
Le jury doit choisir des candidats qui vont passer jusqu’à 5 ans dans une école. Leur responsabilité est grande, car ils doivent s’assurer que les étudiants sélectionnés soient bien en phase avec les valeurs de l’école et du Programme Grande École. Pour éviter d’être recalé, n’ayez pas peur de vous ouvrir, de parler à votre rythme et avec vos mots. Ne jouez surtout pas un rôle, ne forcez pas vos émotions et soyez vrai. En cas de doute, le jury pourrait vous attribuer une note handicapante.
Un discours trop formaté se repère vite. Les jurys d’école de commerce rencontrent de nombreux candidats et savent distinguer une motivation personnelle d’un discours préparé uniquement pour l’entretien. L’objectif n’est pas d’adopter une personnalité supposée idéale, mais de montrer une cohérence entre votre parcours, vos expériences, vos centres d’intérêt et vos choix d’orientation.
Être naturel ne signifie pas improviser. Un bon candidat prépare ses idées, mais garde une parole vivante. Il sait expliquer pourquoi il candidate, ce qui l’intéresse dans le management, ce qu’il a compris du programme et comment il se projette dans l’école.
Ne pas connaître les programmes de l’école
« Pourquoi choisir notre école ? », « Quelles options vous intéressent ? », « Qu’est-ce qui vous motive dans le programme ? ». Ce sont souvent des questions de base qui permettent d’ouvrir la discussion avec le candidat. L’erreur consiste alors à ne pas s’être suffisamment renseigné sur les spécificités de l’école. Cela peut même être vu comme un manque de respect pour le jury qui perd alors son temps à échanger avec un candidat qui ne connaît rien de l’école dans laquelle il candidate.
Avant une épreuve orale d’admission, il est indispensable de connaître les grandes lignes du programme : durée des études, accréditations, international, stages, alternance, spécialisations, vie associative, transversalité, pédagogie, campus et débouchés. Cette préparation permet d’apporter des réponses précises et de montrer que la candidature repose sur un choix réfléchi.
À l’EMLV, un candidat peut par exemple se renseigner sur le Programme Grande École, les spécialisations master, l’international, l’alternance, la transversalité avec les autres écoles du Pôle Léonard de Vinci ou encore les soft skills. Ces éléments donnent de la matière à l’échange avec le jury et montrent une vraie préparation de l’entretien.
Avoir un discours préconçu
« Mon plus gros défaut, c’est d’être perfectionniste. » Cette phrase, la plupart des recruteurs et membres du jury l’ont tous déjà entendue, car elle fait partie des discours préconçus et stéréotypés qui sortent parfois de la bouche des futurs étudiants. Le but de l’entretien est de connaître les candidats. Pour les candidats, c’est de se valoriser et de souligner leur motivation. Il est donc indispensable d’éviter les phrases toutes faites, qui ne disent rien sur vous.
Un bon entretien individuel repose sur des exemples. Une expérience associative, un stage, un job d’été, une pratique sportive, un engagement personnel, un projet de groupe ou une difficulté surmontée donnent plus de poids au discours qu’une formule générale.
Le jury attend des réponses incarnées. Dire que l’on aime travailler en équipe a moins de force que raconter une situation où il a fallu coopérer, gérer un désaccord, prendre une responsabilité ou respecter un délai. Les exemples permettent d’évaluer les soft skills, la maturité, le recul et la capacité à apprendre de ses expériences.
Ignorer l’actualité
L’entretien est un bon moyen de tester la culture générale des candidats. Pour cela, il existe plusieurs sujets à aborder : le dernier livre lu, le dernier film vu au cinéma, ou un fait d’actualité marquant. Ignorer l’actualité est donc le meilleur moyen de foncer droit dans le mur. Un étudiant — et un futur manager en particulier — se doit de s’intéresser au monde qui l’entoure.
Quelques semaines avant les concours, prenez le temps de lire la presse et de vous documenter sur les grands enjeux du monde : intelligence artificielle, transition écologique, tensions géopolitiques, économie mondiale, consommation, cybersécurité, transformations du travail, inégalités sociales, évolution des entreprises ou enjeux liés aux réseaux sociaux. Ce ne sont pas les sujets qui manquent.
L’objectif n’est pas d’avoir une opinion sur tout. Il s’agit plutôt d’être capable d’expliquer pourquoi un sujet vous intéresse, ce que vous en avez compris et en quoi il peut avoir un impact sur les entreprises, les consommateurs, les métiers ou la société. Si c’est l’intelligence artificielle générative qui vous parle, il faut pouvoir en expliquer les usages, les limites, les risques et les effets possibles sur les métiers du management.
Oublier son langage corporel
Surveillez votre langage corporel, car votre corps parle sans que vous ne le sachiez. Faites le test autour de vous. À qui avez-vous envie de parler ? À la personne bien habillée qui vous accueille avec un sourire, ou à celle qui ne fait pas d’effort, qui a le dos voûté, les bras croisés, et qui se plaint en permanence ? Le jury voit passer de nombreux candidats au cours d’une journée et votre attitude doit accompagner votre discussion.
Même si vous êtes timide, il faut faire un effort pour se tenir droit, sourire franchement, avoir une attitude positive, et laisser une bonne impression. Le langage corporel ne remplace pas le fond, mais il peut renforcer ou affaiblir le message. Une posture fermée, un regard fuyant ou un débit trop rapide peuvent donner une impression de gêne ou de manque de préparation.
Lors d’un oral de concours, il est utile de travailler quelques points simples : entrer calmement dans la salle, saluer le jury, s’asseoir correctement, regarder ses interlocuteurs, respirer avant de répondre, éviter les gestes parasites et conserver un ton posé. Ces détails contribuent à rendre l’échange plus fluide.
Comment bien préparer son épreuve orale en école de commerce ?
Bien préparées, les épreuves orales des concours d’admission en école de commerce ne doivent normalement vous poser aucun problème, car s’il y a des erreurs à éviter, il n’y a ni bonnes ni mauvaises réponses.
La préparation repose sur quelques points clés : connaître son parcours, identifier ses expériences les plus utiles, formuler son projet d’orientation, comprendre les spécificités de l’école, suivre l’actualité et s’entraîner à répondre à voix haute. Un entraînement devant un proche, un professeur ou un camarade peut aider à repérer les réponses trop longues, les formulations imprécises ou les points à clarifier.
Pour un candidat au Concours SESAME, notamment, l’entretien permet aussi de montrer son intérêt pour une école de commerce post-bac, sa capacité à s’engager dans un cursus en cinq ans et sa compréhension des attendus d’un Programme Grande École.
C’est à vous de défendre votre projet personnel et professionnel, de mettre en avant votre personnalité, de montrer que vous savez réfléchir, raisonner et contre-argumenter pour convaincre le jury que vous êtes la personne dont l’école a besoin.

















