Pourtant, connaître les grands principes du shadow banking est toujours très utile pour bien cerner l’impact du risque et des flux financiers aujourd’hui. À la fois pour les étudiants qui s’intéressent à la finance, mais également pour tous les autres qui s’intéressent aussi au monde de l’entreprise au sens large.
Même si on est loin de l’épisode 1 de la saga de Star Wars, le shadow banking peut être traduit en français par « finance de l’ombre » ou « finance fantôme ». Il s’agit d’un système financier opaque non régulé, aux contours flous, qui s’oppose au système bancaire traditionnel. Techniquement, il s’agit donc d’un ensemble d’actions et d’outils participant au financement non bancaire de l’économie.
Les shadow banks comprennent de nombreuses institutions comme les hedge funds (fonds spéculatifs), les fonds de pension, les banques d’investissement, les fonds mutuels, les assureurs faisant de la garantie de crédits ou encore les sociétés de capital-investissement.
Des acteurs économiques qui représentent près de 336 000 milliards de dollars en 2017 selon le Conseil de stabilité financière. Une activité en pleine évolution qui est fortement liée à la question de la régulation financière ayant suivi la crise financière de 2008.
Parce que les marchés financiers ont été très loin de s’autoréguler au début des années 2000, la spéculation a atteint des niveaux tellement élevés et incontrôlés, que la crise a fini par exploser, mettant à mal l’économie mondiale pendant près de dix ans.
Pour éviter que ce phénomène se reproduise, les acteurs institutionnels se sont donc entendus pour une meilleure régulation des banques. L’objectif étant de limiter les risques pour éviter une nouvelle crise.
Or, c’est justement face à cette régulation importante que le shadow banking a prospéré, les banques traditionnelles transférant leurs actifs les plus risqués à cette finance de l’ombre. Une sorte de sous-traitance faisant disparaître les risques des bilans des banques sous forme d’une titrisation. C’est-à-dire en transformant leurs créances risquées en titres financiers qui seront transférés vers le shadow banking, à d’autres organismes. Tout ce que la régulation et la réglementation interdisent aux banques traditionnelles passe alors dans la finance de l’ombre.
En raison de la forte interdépendance entre les banques et le shadow banking, il existe un important risque de contamination. Si une shadow bank a des difficultés, le risque de répercussion sur les autres acteurs est très élevé, en particulier pour les banques traditionnelles, car ce sont elles qui ont émis les titres financiers. Or, une banque en difficulté peut rapidement en entrainer une autre dans une spirale difficile à contrôler. D’autre part, le shadow banking représente un poids considérable dans le financement de l’économie.
Si les États-Unis, la zone euro et le Royaume-Uni détiennent la grande majorité des actifs fantôme, la tendance est aussi à la croissance en Asie, et particulièrement en Chine, où une grande partie de l’augmentation du crédit ne provient pas du secteur traditionnel, mais du shadow banking. Le risque réside donc dans une augmentation de la dette chinoise couplée à la fragilisation des structures financières qui peuvent présenter de grands risques de retournement. Connaître les mécanismes du shadow banking est indispensable pour les étudiants qui souhaitent se tourner vers une spécialisation ou une carrière en finance, car c’est une partie importante dans le financement de notre économie, de nos entreprises et de nos banques.
Un aspect technique mais très important, qui remet en perspective l’approche macro et microéconomique de nos sociétés, au vu des précédentes crises qui n’ont pas été que financières, mais également économiques, politiques et sociales. Le shadow banking est là pour durer et il sera difficile de le réglementer. Le seul levier sur lequel travailler pourrait n’être que la limitation des risques systémiques causés par les connexions entre banques et shadow banks.
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This post was last modified on 06/06/2018 13:24
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